Comment éviter le piège de l’introduction

L’introduction est une étape importante lors de la rédaction d’un document écrit. En effet c’est à elle qu’incombe la lourde tâche de lancer le sujet. Elle doit présenter au lecteur la thématique que le rédacteur va traiter ensuite. Elle doit susciter l’envie de prendre connaissance du document entier et elle doit bien présenter son contenu.

Au cours de ma carrière il m’a été donné de délivrer des heures d’enseignements à l’université. J’avais alors constaté que de nombreuses personnes envisagent l’introduction avec une certaine légèreté. De même je m’étais aperçu que l’introduction était souvent faite sans méthodologie. Or parvenir à bien écrire un document impose de respecter une méthodologie et si cette obligation porte sur les développements du document elle concerne aussi l’introduction de celui-ci.

Si je ne souhaite pas pour l’instant exposer avec détail la méthodologie de l’introduction je désire faire état d’un piège dans lequel la plupart des gens tombent facilement alors qu’il s’avère très aisé de l’éviter.

En effet les personnes qui doivent rédiger une introduction peuvent avoir la volonté de rédiger celle ci en premier. Pourtant il est bien évident que cette façon de procéder n’est pas correcte. Elle ne peut permettre que d’exposer d’insignifiantes banalités. Le but de l’introduction réside notamment dans l’annonce de la suite du document. Lorsque ce document est organisé sous la forme d’un plan elle va annoncer les parties principales de ce plan. Ainsi pour les personnes qui poursuivent des études juridiques celles-ci savent parfaitement que le plus souvent en matière juridique les documents sont construits avec deux parties principales organisées ainsi : le I et le II. Chaque partie principale comporte ensuite deux sous-parties organisées ainsi : un A et un B. En conséquence le plan va comprendre en tout quatre sous parties : I A, I B, I A et I B.

Si l’on poursuit l’exemple d’un document juridique l’introduction va donc devoir annoncer le I et le II (1). Or il est bien évident que pour pouvoir annoncer ces deux parties principales il faut au préalable avoir connaissance de celles-ci, ce qui s’avère impossible lorsque l’introduction est faite en premier.

Il est donc indéniablement préférable de rédiger l’introduction en dernier. Ce n’est qu’après avoir connaissance du contenu des parties qui composent le document qu’il faut s’attacher à la rédaction de l’introduction.

Rédiger l’introduction en premier n’est, au mieux, qu’une perte de temps. En effet il risque d’être nécessaire de modifier par la suite l’introduction selon l’avancée des différentes parties du document.

Pire encore l’introduction lorsqu’elle est rédigée en premier peut s’avérer être une source d’erreurs. Elle risque de figer la réflexion. Le rédacteur peut vouloir absolument que les différentes parties du corps du texte correspondent à celles annoncées dans l’introduction. Il écrit ainsi « à l’envers » le contenu du texte devant pour lui coller à l’introduction, alors que c’est l’introduction qui doit coller au corps du texte.

Dans le cas où le document à rédiger doit être effectué lors d’un examen destiné à l’obtention d’un diplôme le fait de rédiger l’introduction en premier peut gâcher la présentation de ce texte. En effet si au fil de la rédaction il s’avère que l’introduction ne correspond pas aux développements du devoir alors le rédacteur peut raturer des mots, corrections qui seront du plus mauvais effet sur la présentation visuelle du document et qui peut entraîner une perte de points.

Note de bas de page :

(1) Les rédacteurs les plus fins arrivent à annoncer aussi les sous parties dans l’introduction.