Google IA : une révolution pour la recherche ou une menace pour le Web ?

Pendant plus de vingt ans, utiliser Google consistait essentiellement à saisir quelques mots-clés afin d’obtenir une liste de liens classés par ordre de pertinence. L’utilisateur ouvrait ensuite plusieurs pages, comparait les informations disponibles et construisait lui-même sa réponse.

Cette logique est en train d’évoluer.

Google intègre désormais l’intelligence artificielle directement dans son moteur de recherche. Selon la nature de la requête, un AI Overview, c’est-à-dire une réponse générée par l’intelligence artificielle, peut apparaître immédiatement en haut des résultats. Cette synthèse est accompagnée de liens vers les sources utilisées et peut être prolongée grâce au nouveau Mode IA, qui permet de dialoguer avec le moteur de recherche comme avec un assistant conversationnel.

Cette évolution ne fait toutefois pas l’unanimité. Certains internautes apprécient ce nouveau fonctionnement, tandis que d’autres cherchent déjà des moyens de le désactiver. Plusieurs éditeurs de sites internet s’inquiètent également de ses conséquences sur leur trafic, tandis que des questions sont soulevées concernant la consommation énergétique ou encore la fiabilité des réponses produites par l’intelligence artificielle.

Au-delà de ces débats, l’intégration des AI Overviews marque probablement l’une des plus importantes transformations du moteur de recherche Google depuis sa création.

Résumé rapide

Google intègre progressivement une intelligence artificielle directement dans son moteur de recherche. Selon les requêtes, les AI Overviews peuvent désormais afficher une réponse rédigée avant les résultats traditionnels, avec des liens vers les sources utilisées.

Cette évolution divise les internautes. Certains y voient un gain de temps considérable, tandis que d’autres craignent une baisse du trafic des sites web, des erreurs de l’IA ou un impact environnemental plus important.

Au-delà de la polémique, cette évolution illustre peut-être une nouvelle manière d’utiliser Internet : moins centrée sur la recherche de liens, davantage orientée vers le dialogue et l’accompagnement dans la réalisation de projets.

Table des matières

1. Google transforme sa manière de rechercher des informations

Logos Google et Gemini illustrant l’intégration de l’intelligence artificielle dans Google Search
Google intègre Gemini à son moteur de recherche avec les AI Overviews et le Mode IA.

1.1. AI Overviews : l’arrivée des réponses générées par l’IA

Depuis plusieurs mois, Google fait évoluer progressivement son moteur de recherche en intégrant des réponses générées par l’intelligence artificielle, notamment à travers les AI Overviews.

Concrètement, lorsqu’une question s’y prête, la première partie de la page n’affiche plus uniquement une succession de liens vers différents sites internet.

L’utilisateur peut obtenir directement :

• une réponse rédigée ;

• une synthèse des principales informations ;

• plusieurs sources citées ;

• des liens permettant d’approfondir certains points.

Cette présentation rapproche progressivement Google des assistants conversationnels comme ChatGPT ou Gemini.

Mais les AI Overviews ne se limitent pas nécessairement à fournir une réponse figée. L’utilisateur peut également poursuivre sa recherche à partir de la réponse générée, en posant des questions complémentaires ou en demandant des précisions.

Il devient ainsi possible de partir d’une question générale, puis d’affiner progressivement la recherche.

Par exemple, après avoir obtenu une première réponse, l’utilisateur peut demander :

• « Peux-tu préciser ce point ? »

• « Quels sont les principaux avantages ? »

• « Existe-t-il des exceptions ? »

• « Peux-tu comparer ces deux solutions ? »

La recherche devient alors plus interactive qu’avec le fonctionnement traditionnel du moteur.

L’objectif est de permettre à l’utilisateur d’obtenir rapidement une première synthèse, puis de poursuivre son exploration sans nécessairement multiplier les recherches successives.

Pour de nombreuses requêtes pratiques, cette évolution représente donc un changement important dans la manière d’utiliser Google.

1.2. Le nouveau « Mode IA » de Google

Google ne s’est toutefois pas limité à intégrer des réponses générées par l’intelligence artificielle directement dans les résultats de recherche.

L’entreprise développe également un espace appelé Mode IA, conçu spécifiquement pour approfondir les recherches à l’aide d’un dialogue avec l’intelligence artificielle.

Le principe est proche de celui d’un assistant conversationnel : l’utilisateur peut développer progressivement sa demande au lieu de formuler une nouvelle recherche indépendante à chaque étape.

Il peut notamment :

• demander des précisions ;

• reformuler sa question ;

• approfondir un point particulier ;

• demander des exemples ;

• comparer plusieurs possibilités ;

• revenir sur les éléments précédemment évoqués.

La différence avec les AI Overviews tient donc moins à la possibilité de dialoguer qu’à la place accordée au dialogue dans l’expérience de recherche.

Avec les AI Overviews, la conversation peut commencer directement à partir d’une réponse intégrée aux résultats.

Avec le Mode IA, l’interaction conversationnelle constitue au contraire le cœur de l’expérience.

Dans les deux cas, Google cherche progressivement à dépasser le modèle traditionnel du moteur de recherche dans lequel l’utilisateur saisit une requête, consulte une liste de liens, puis recommence avec une nouvelle requête.

L’objectif est désormais de permettre une recherche plus progressive, dans laquelle l’utilisateur peut poser une question, obtenir une première réponse, demander des précisions et approfondir son sujet au fil de la conversation.

Cette évolution rapproche encore davantage Google des assistants conversationnels comme ChatGPT ou Gemini, tout en conservant un avantage important : la recherche et l’accès aux sources restent directement intégrés à l’environnement du moteur de recherche.

1.3. Des réponses accompagnées de leurs sources

Contrairement à certaines idées reçues, Google ne présente généralement pas les réponses générées par son intelligence artificielle comme des vérités absolues.

Les synthèses sont accompagnées de références vers plusieurs sites internet.

L’utilisateur peut ainsi :

• consulter les sources originales ;

• vérifier les informations ;

• approfondir certains sujets ;

• comparer plusieurs points de vue.

La réponse peut également être facilement réutilisée. Une icône représentant deux feuilles superposées permet de copier le contenu de la réponse afin de le coller dans une autre application ou un autre document.

Lors du copier-coller, les liens correspondant aux sources citées dans la réponse sont également conservés à la fin du texte. Cette possibilité peut être pratique pour travailler à partir d’une synthèse tout en conservant les références permettant de vérifier ou d’approfondir les informations.

Cette présence des sources constitue une différence importante avec certains usages des agents conversationnels classiques, où les références ne sont pas toujours mises en avant de manière aussi visible.

Google conserve ainsi une partie de son rôle historique : orienter les internautes vers des contenus publiés sur le Web.

La manière d’y parvenir évolue toutefois profondément.

Au lieu de proposer uniquement une liste de liens, le moteur tente désormais d’expliquer directement les informations, de fournir les références correspondantes et de laisser l’utilisateur poursuivre ses recherches si nécessaire.

2. Pourquoi cette évolution provoque autant de réactions ?

2.1. Certains internautes préfèrent les résultats classiques

Comme toute évolution importante d’un outil utilisé quotidiennement par plusieurs milliards de personnes, l’arrivée de Google IA suscite des réactions très contrastées.
Une partie des internautes apprécie cette nouvelle présentation.

D’autres, au contraire, regrettent le fonctionnement historique du moteur de recherche.

Pour ces utilisateurs, la liste traditionnelle de résultats présente plusieurs avantages :

• elle laisse davantage de liberté dans le choix des sources ;

• elle permet de comparer directement plusieurs sites ;

• elle évite de passer par une synthèse réalisée par une intelligence artificielle.

Certains considèrent également que cette nouvelle interface modifie une habitude installée depuis plus de vingt ans.

Cette réticence n’est d’ailleurs pas propre à Google.

Chaque évolution importante d’un service largement utilisé entraîne généralement une période d’adaptation durant laquelle une partie des utilisateurs exprime des réserves.

2.2. Les inquiétudes des éditeurs de sites internet

Les réactions les plus vives proviennent souvent des créateurs de contenu et des éditeurs de sites web.

Depuis des années, leur modèle économique repose largement sur le trafic provenant des moteurs de recherche.

Lorsqu’un internaute clique sur un résultat Google, il visite le site concerné.

Ce trafic peut ensuite générer :

• des revenus publicitaires ;

• des ventes ;

• des abonnements ;

• des prises de contact ;

• une notoriété accrue.

Si Google fournit directement une réponse suffisamment complète, certains internautes pourraient ne plus ressentir le besoin de consulter les sites sources.

Cette évolution nourrit une inquiétude légitime.

De nombreux professionnels du référencement naturel (SEO) s’interrogent déjà sur l’évolution future de leur activité.

Ils craignent notamment :

• une diminution du nombre de visiteurs ;

• une baisse des revenus publicitaires ;

• une concentration accrue de l’information autour des grandes plateformes.

Ces interrogations expliquent en partie les critiques formulées contre cette nouvelle génération de moteur de recherche.

2.3. Les questions environnementales

L’intelligence artificielle ne soulève pas uniquement des questions économiques ou techniques. Son développement relance également le débat sur son impact environnemental.
Contrairement à une recherche classique, une réponse générée par une IA nécessite des calculs beaucoup plus importants. Les modèles d’intelligence artificielle mobilisent des infrastructures informatiques puissantes, composées de milliers de processeurs spécialisés répartis dans des centres de données.

Ces infrastructures consomment :

• de l’électricité ;

• des ressources de calcul ;

• des capacités de refroidissement ;

• des équipements informatiques dont la fabrication possède également un coût environnemental.

Les critiques soulignent que si plusieurs milliards de recherches utilisent progressivement ce mode de fonctionnement, la consommation énergétique globale pourrait augmenter de manière significative.

Il convient toutefois de nuancer cette analyse.

Google investit depuis plusieurs années dans l’amélioration de l’efficacité énergétique de ses centres de données et dans le recours à des énergies bas carbone. De plus, les infrastructures d’intelligence artificielle continuent d’évoluer rapidement, avec des modèles devenant progressivement plus performants et parfois moins gourmands en ressources pour une même tâche.

Le débat reste donc ouvert entre les bénéfices apportés aux utilisateurs et le coût énergétique associé à ces nouveaux usages.

2.4. La question de la fiabilité des réponses

Une autre critique régulièrement formulée concerne la qualité des réponses produites par l’intelligence artificielle.

Comme les autres modèles génératifs, Google IA peut parfois :

• simplifier excessivement un sujet ;

• omettre certaines nuances ;

• interpréter incorrectement une information ;

• produire une réponse incomplète.

Les spécialistes parlent parfois d’« hallucinations » lorsqu’une IA affirme avec assurance une information erronée.

Ces situations restent relativement rares sur des sujets simples, mais elles rappellent qu’une intelligence artificielle ne remplace pas totalement l’esprit critique de son utilisateur.

C’est précisément pour cette raison que Google accompagne généralement ses réponses de liens vers les sources utilisées.

L’utilisateur conserve ainsi la possibilité de vérifier les informations, de consulter plusieurs points de vue ou d’approfondir certains aspects du sujet.

Finalement, cette évolution ne supprime pas la nécessité de développer son esprit critique. Elle modifie surtout la manière dont l’information est présentée.

3. Les méthodes proposées pour désactiver Google IA

3.1. Pourquoi certains utilisateurs cherchent-ils à contourner cette fonctionnalité ?

L’apparition de Google IA a rapidement entraîné la publication de nombreux tutoriels expliquant comment retrouver l’ancien fonctionnement du moteur de recherche.

Sur YouTube, dans des blogs spécialisés ou sur les réseaux sociaux, certains internautes expliquent comment masquer les réponses générées par l’intelligence artificielle.

Les motivations sont diverses.

Certains souhaitent conserver une expérience de recherche plus traditionnelle.

D’autres estiment que consulter directement plusieurs sites leur permet de mieux comparer les informations.

Enfin, certains refusent tout simplement que l’intelligence artificielle intervienne dans leurs recherches quotidiennes.

3.2. Des astuces qui évoluent régulièrement

Des méthodes permettant de limiter l’affichage des réponses générées par l’intelligence artificielle circulent régulièrement sur Internet. Leur efficacité peut cependant varier et certaines peuvent devenir obsolètes à mesure que Google fait évoluer son moteur de recherche.

L’une des astuces souvent évoquées consiste à ajouter -AI ou -IA à la fin d’une requête. Cette méthode ne constitue toutefois pas une fonction officiellement prévue par Google pour désactiver l’intelligence artificielle.

Elle repose simplement sur le fonctionnement de l’opérateur d’exclusion du moteur de recherche : le signe – demande à Google d’exclure un terme des résultats. En ajoutant -AI, l’utilisateur cherche donc à exclure les pages contenant ce terme. L’absence de certains résultats peut alors modifier le déclenchement de l’aperçu généré par l’IA.

Cette méthode présente cependant plusieurs limites.

Elle peut notamment :

• modifier la pertinence des résultats ;

• exclure des pages parfaitement pertinentes contenant le terme « AI » ;

• ne pas fonctionner systématiquement ;

• devenir moins efficace après une modification du fonctionnement de Google.

Il est donc préférable de ne pas considérer -AI comme un véritable interrupteur permettant de désactiver Google IA.

3.3. Google propose toutefois une solution officielle

Google indique actuellement qu’il n’est pas possible de désactiver complètement les AI Overviews, considérés comme une fonctionnalité intégrée à Search. En revanche, l’entreprise propose un filtre « Web » permettant d’afficher uniquement des résultats sous forme de liens textuels, sans les AI Overviews.

Après avoir effectué une recherche, l’utilisateur peut sélectionner le filtre « Web », éventuellement situé sous « Plus » selon l’interface utilisée.

Cette solution est particulièrement intéressante car elle ne repose pas sur une astuce ou un détournement du moteur de recherche. Elle correspond à une fonctionnalité officiellement proposée par Google pour les utilisateurs qui souhaitent obtenir une présentation plus traditionnelle des résultats.

Il existe également une possibilité plus technique consistant à utiliser le paramètre udm=14 dans une recherche Google. Celui-ci permet d’obtenir une recherche filtrée sur le Web et peut notamment être utilisé pour créer un moteur de recherche personnalisé dans un navigateur. Cette possibilité est documentée dans les réponses de la communauté d’aide Google, même si elle est davantage destinée aux utilisateurs qui souhaitent personnaliser leur manière d’effectuer leurs recherches.

3.4. Google pourrait laisser davantage de choix aux utilisateurs

La question de la désactivation de Google IA pose finalement un problème assez simple : pourquoi ne pas permettre à chaque utilisateur de choisir la manière dont il souhaite effectuer ses recherches ?

Google pourrait théoriquement envisager plusieurs solutions pour faire coexister les deux approches.

La première consisterait à ne pas afficher automatiquement les AI Overviews dans les résultats classiques.

L’utilisateur conserverait alors une présentation traditionnelle du moteur de recherche, avec les résultats et les liens vers les différents sites.

S’il souhaite bénéficier des fonctionnalités de l’intelligence artificielle, il pourrait se rendre volontairement dans le Mode IA pour poser sa question et engager une conversation avec l’outil.

Cette organisation présenterait un avantage évident : l’utilisateur qui souhaite une recherche classique conserverait ses habitudes, tandis que celui qui souhaite utiliser l’IA pourrait toujours y accéder.

Une autre possibilité serait de demander directement à l’utilisateur, lors de son premier accès à cette nouvelle expérience, s’il souhaite utiliser les AI Overviews.

Google pourrait alors proposer, par exemple, un choix entre :

• utiliser les réponses générées par l’IA ;

• conserver une présentation classique des résultats.

Le choix pourrait ensuite être mémorisé afin de ne pas demander à l’utilisateur de répondre à la même question à chaque recherche.

Il devrait naturellement rester facilement modifiable. Un simple réglage permettrait ainsi de passer d’un mode à l’autre lorsque les besoins changent.

Cette solution permettrait de reconnaître une réalité simple : tous les internautes n’utilisent pas Google de la même manière.

Certains recherchent une réponse rapide et structurée et peuvent trouver les AI Overviews particulièrement utiles.

D’autres préfèrent parcourir plusieurs résultats, comparer les sites et construire eux-mêmes leur réponse.

Entre ces deux extrêmes, de nombreux utilisateurs pourraient également souhaiter alterner selon le contexte. Une recherche destinée à obtenir rapidement une définition peut parfaitement se prêter à une réponse générée par l’IA, tandis qu’une recherche documentaire, professionnelle ou nécessitant la consultation de plusieurs sources peut justifier une approche plus traditionnelle.

Le véritable enjeu n’est donc peut-être pas de déterminer si Google IA est « bonne » ou « mauvaise ».

Il pourrait plutôt être de laisser suffisamment de liberté aux utilisateurs pour choisir quand et comment ils souhaitent l’utiliser.

Une telle approche permettrait également de réduire une partie des critiques adressées à la nouvelle présentation du moteur de recherche, sans empêcher les internautes intéressés par l’intelligence artificielle de profiter pleinement de ses possibilités.

Cette possibilité de choisir pourrait également présenter un autre avantage : éviter de mobiliser inutilement des ressources d’intelligence artificielle pour des recherches qui ne nécessitent pas de réponse générée.

Toutes les requêtes adressées à Google ne correspondent en effet pas à une demande d’information nécessitant une analyse par une IA. Il peut s’agir d’une recherche très simple, d’un mot-clé, d’une adresse, d’un nom de site ou même d’une saisie effectuée uniquement pour accéder au moteur de recherche.

Par exemple, taper une simple lettre ou quelques caractères dans la barre de recherche peut parfois suffire à lancer une recherche alors que l’utilisateur ne cherche pas réellement à obtenir une réponse développée. Dans ce type de situation, générer automatiquement un aperçu par intelligence artificielle peut représenter une utilisation de ressources de calcul qui n’apporte pas nécessairement de valeur supplémentaire à l’internaute.

Un système permettant de choisir le fonctionnement du moteur pourrait donc également contribuer à réserver l’utilisation de l’IA aux recherches pour lesquelles elle présente un véritable intérêt.

Cette question est d’autant plus intéressante que les systèmes d’intelligence artificielle nécessitent des ressources informatiques importantes. À l’échelle d’une requête individuelle, l’enjeu peut sembler limité. Mais lorsque des millions de recherches sont concernées, la question de la pertinence de chaque sollicitation de l’IA prend une autre dimension, notamment en matière de consommation de ressources informatiques et d’impact environnemental.

L’objectif ne serait donc pas nécessairement de supprimer les AI Overviews, mais de les rendre davantage dépendantes du besoin réel de l’utilisateur.

4. Une évolution qui présente aussi de nombreux avantages

4.1. Obtenir directement une réponse structurée

Malgré les critiques, il serait réducteur de ne voir dans Google IA qu’une menace pour le Web.

Pour de nombreux utilisateurs, cette évolution apporte un véritable confort d’utilisation.

Auparavant, une recherche nécessitait souvent :

• l’ouverture de plusieurs sites ;

• la lecture de nombreux articles ;

• la comparaison des informations ;

• la sélection des éléments réellement utiles.

Aujourd’hui, Google propose directement une synthèse organisée.

L’utilisateur obtient ainsi une première réponse claire avant, s’il le souhaite, d’explorer davantage le sujet.

Cette approche peut représenter un gain de temps considérable, notamment pour les recherches du quotidien.

4.2. Éviter les recherches inutiles

Tous les internautes ont déjà vécu cette situation.

Après avoir ouvert plusieurs liens, ils découvrent finalement que les premières pages consultées ne répondaient pas réellement à leur question.

Avec une synthèse générée par l’intelligence artificielle, ce risque peut être réduit.

La réponse proposée permet souvent d’identifier immédiatement si le sujet correspond bien à la recherche effectuée.

Les liens cités deviennent alors un moyen d’approfondir certains points précis plutôt qu’une succession de tentatives parfois infructueuses.

Cette évolution transforme progressivement la recherche documentaire en un processus plus guidé.

4.3. Identifier rapidement les sources pertinentes

L’un des aspects les plus intéressants de Google IA réside dans la sélection des sources.

L’utilisateur n’est pas contraint de parcourir une longue liste de résultats.

Les principaux sites utilisés pour construire la réponse sont directement accessibles.

Cette sélection permet souvent de gagner du temps, notamment lorsque plusieurs dizaines de résultats pourraient répondre à la même question.

L’internaute peut ainsi choisir d’approfondir uniquement les sources qui lui paraissent les plus pertinentes.

4.4. Dialoguer pour approfondir un sujet

La véritable innovation ne réside peut-être pas dans la génération d’une réponse automatique.

Elle se situe davantage dans la possibilité de poursuivre la conversation.

Après une première réponse, il devient possible de demander :

• davantage de détails ;

• des exemples ;

• une reformulation ;

• des précisions ;

• des comparaisons.

Cette logique transforme progressivement le moteur de recherche en véritable assistant documentaire.

Pour une personne qui développe un projet, prépare un article ou cherche à comprendre un sujet complexe, cette possibilité représente un changement particulièrement important.
La recherche ne consiste plus seulement à trouver des informations.

Elle devient progressivement un dialogue permettant d’affiner sa compréhension au fil des échanges.

5. Un véritable outil pour développer un projet

5.1. Rechercher plus efficacement

L’intérêt de Google IA apparaît particulièrement lorsqu’une recherche ne se limite pas à satisfaire une simple curiosité.

Dans de nombreux cas, l’utilisateur cherche avant tout à faire avancer un projet personnel ou professionnel.

Cela peut concerner par exemple :

• la rédaction d’un article ;

• la préparation d’une présentation ;

• la création d’une entreprise ;

• un travail universitaire ;

• un projet de bricolage ;

• la préparation d’un voyage ;

• le développement d’un logiciel.

Dans ces situations, obtenir immédiatement une première synthèse permet de gagner un temps précieux.

Au lieu de parcourir plusieurs dizaines de pages avant d’obtenir une vision d’ensemble du sujet, l’utilisateur dispose rapidement d’un point de départ qu’il peut ensuite approfondir.

Cette approche est souvent plus productive que la consultation successive de nombreux résultats parfois redondants.

5.2. Poser des questions complémentaires

L’un des principaux avantages de cette nouvelle génération de moteur de recherche réside dans la possibilité de poursuivre naturellement la discussion.

Avec le moteur de recherche traditionnel, une recherche complexe obligeait souvent à effectuer plusieurs requêtes successives :

• première recherche ;

• lecture des résultats ;

• nouvelle recherche plus précise ;

• ouverture d’autres sites ;

• nouvelle reformulation.

Le dialogue avec l’intelligence artificielle simplifie largement cette démarche.

L’utilisateur peut enchaîner les questions au fil de sa réflexion :

• « Peux-tu préciser ce point ? »

• « Existe-t-il des exceptions ? »

• « Quels sont les avantages ? »

• « Quels sont les inconvénients ? »

• « Donne-moi un exemple concret. »

Cette continuité rend la recherche beaucoup plus fluide.

On ne change plus constamment de page ; on construit progressivement sa compréhension du sujet.

5.3. Corriger ou nuancer les réponses

Contrairement à une idée parfois répandue, le dialogue avec une intelligence artificielle ne consiste pas uniquement à accepter les réponses proposées.

L’utilisateur peut également :

• demander des précisions ;

• signaler une ambiguïté ;

• proposer un autre point de vue ;

• demander davantage de nuances.

Cette possibilité est particulièrement intéressante lorsque plusieurs interprétations sont possibles.

La recherche devient alors une véritable interaction plutôt qu’une simple consultation passive d’informations.

L’utilisateur conserve ainsi un rôle actif dans la construction de la réponse.

5.4. Explorer les sources citées

Même si Google IA fournit une synthèse, les sites internet conservent toute leur utilité.

Les liens présents dans les citations permettent notamment :

• de consulter le document original ;

• d’obtenir davantage de détails ;

• de vérifier certaines affirmations ;

• de découvrir des informations complémentaires.

Pour un utilisateur souhaitant approfondir un sujet, l’intelligence artificielle constitue finalement une porte d’entrée vers les contenus les plus pertinents plutôt qu’un remplacement complet des sites web.

Cette articulation entre synthèse et consultation des sources constitue probablement l’un des aspects les plus intéressants de cette évolution.

6. Une nouvelle fracture entre deux usages d’Internet

6.1. L’Internet de la consommation

Les réactions très différentes observées face à Google IA révèlent peut-être une évolution plus profonde de notre rapport au numérique.

Une partie importante des internautes utilise principalement Internet dans une logique de consommation.

Leurs activités consistent notamment à :

• consulter les réseaux sociaux ;

• regarder des vidéos ;

• lire l’actualité ;

• naviguer par curiosité ;

• rechercher des informations ponctuelles.

Dans ce contexte, les habitudes de navigation sont relativement stables.

Toute modification importante de l’interface ou du fonctionnement des outils peut être perçue comme une contrainte supplémentaire.

6.2. L’Internet de la création

À l’inverse, d’autres utilisateurs utilisent Internet comme un véritable outil de production.

Ils recherchent avant tout des solutions leur permettant de :

• créer du contenu ;

• développer un projet ;

• résoudre un problème ;

• apprendre rapidement ;

• produire davantage.

Pour ces profils, l’arrivée d’une intelligence artificielle directement intégrée au moteur de recherche représente souvent un gain de productivité.

La possibilité d’obtenir rapidement une synthèse, puis de poursuivre le dialogue, permet de consacrer davantage de temps à la réalisation concrète du projet plutôt qu’à la seule recherche d’informations.

Cette différence explique probablement pourquoi les réactions sont parfois si contrastées.

Selon l’usage que chacun fait d’Internet, une même fonctionnalité peut être perçue soit comme une amélioration, soit comme une gêne.

6.3. Une opposition que l’on retrouve déjà sur les réseaux sociaux

Cette distinction entre consommation et création ne concerne d’ailleurs pas uniquement Google.

On retrouve un phénomène comparable sur les réseaux sociaux.

Certaines personnes utilisent principalement ces plateformes pour se divertir.

D’autres s’en servent comme de véritables outils professionnels :

• création de contenu ;

• développement d’une activité ;

• communication ;

• formation ;

• prospection.

Dans ce second cas, chaque innovation susceptible d’améliorer la productivité est généralement accueillie avec davantage d’intérêt.

Cette différence d’approche explique pourquoi les débats autour de l’intelligence artificielle sont souvent aussi passionnés.

Ils opposent parfois moins des visions de la technologie que des manières très différentes d’utiliser Internet.

À ce sujet, nous avons déjà abordé cette opposition entre consommation et création dans notre article consacré à la dopamine et la création de contenu, où nous montrons comment les plateformes numériques peuvent être utilisées soit comme des outils de distraction, soit comme des leviers de production et de développement personnel.

7. Google IA annonce probablement une nouvelle évolution du référencement

7.1. Les créateurs de contenu vont devoir s’adapter

L’intégration de l’intelligence artificielle dans Google ne modifie pas uniquement l’expérience des internautes. Elle pourrait également transformer la manière dont les contenus sont référencés.

Pendant de nombreuses années, l’objectif des créateurs de contenu consistait essentiellement à apparaître parmi les premiers résultats du moteur de recherche.

Désormais, une nouvelle étape apparaît.

Les contenus doivent non seulement être suffisamment qualitatifs pour être bien référencés, mais aussi être susceptibles d’être sélectionnés comme source par l’intelligence artificielle.

Cette évolution pourrait encourager la production de contenus :

• plus complets ;

• mieux structurés ;

• davantage documentés ;

• reposant sur des sources fiables.

L’objectif n’est plus seulement d’obtenir un clic, mais également de devenir une référence utilisée par les outils d’intelligence artificielle.

7.2. Les sites web conservent un rôle essentiel

Certaines analyses annoncent déjà la disparition progressive des sites internet.

Cette conclusion paraît toutefois excessive.

Même lorsqu’une réponse est générée par l’IA, celle-ci s’appuie généralement sur des contenus publiés par des éditeurs, des médias, des entreprises ou des créateurs indépendants.
Sans ces contenus, l’intelligence artificielle ne disposerait tout simplement pas des informations nécessaires pour construire ses réponses.

Les sites web conservent donc plusieurs fonctions essentielles :

• produire l’information ;

• approfondir les sujets ;

• publier des analyses originales ;

• proposer des exemples détaillés ;

• mettre régulièrement les contenus à jour.

L’intelligence artificielle devient ainsi une nouvelle porte d’entrée vers ces ressources plutôt qu’un remplacement complet.

7.3. Une évolution comparable à celles déjà connues par Internet

Depuis son apparition, Internet a connu de nombreuses transformations.

Les moteurs de recherche ont remplacé les annuaires.

Les réseaux sociaux ont modifié la manière de diffuser l’information.

Les smartphones ont profondément changé les usages numériques.

L’intelligence artificielle constitue probablement une nouvelle étape de cette évolution.

Comme lors des précédentes révolutions numériques, certains utilisateurs adopteront rapidement ces nouveaux outils tandis que d’autres préféreront conserver leurs habitudes.

Avec le temps, il est probable que ces deux approches coexistent, chacun choisissant les outils les mieux adaptés à ses besoins.

8. Quelques livres pour approfondir l’utilisation de l’intelligence artificielle

L’évolution de Google et l’intégration croissante de l’intelligence artificielle dans les outils numériques ne concernent pas uniquement les moteurs de recherche.

Les assistants conversationnels et les outils d’IA générative peuvent également être utilisés pour gagner du temps, automatiser certaines tâches ou choisir l’outil le plus adapté à un besoin précis.

Pour approfondir ces usages, plusieurs ouvrages peuvent compléter les expérimentations réalisées avec Google IA et les autres assistants conversationnels.

Maitriser Chatgpt, Claude et Gemini au travail : Le Match des IA – Choisir la bonne Intelligence Artificielle pour chaque tâche, de Mehdi Belgharri (lien sponsorisé Amazon)

Productivité avec ChatGPT et Claude : Automatisez vos tâches · Concentrez-vous sur l’essentiel — Prompts, Agents IA et Automatisation : le Programme 30 jours, de Sébastien ABRAHAM (lien sponsorisé Amazon)

Ce sera l’IA générative et moi : Comprendre l’intelligence artificielle et transformer son métier, de Cécile Dejoux (lien sponsorisé Amazon)

Ces ouvrages abordent des aspects complémentaires : le choix entre plusieurs assistants, l’utilisation de l’IA pour améliorer sa productivité et, plus largement, les transformations provoquées par l’intelligence artificielle dans les pratiques professionnelles.

9. Points à retenir

• Google intègre désormais l’intelligence artificielle directement dans son moteur de recherche.

• Les réponses générées par l’IA sont présentées sous forme de synthèses accompagnées de sources consultables.

• Les AI Overviews permettent également d’approfondir une recherche et d’échanger avec l’intelligence artificielle.

• Cette évolution suscite des critiques concernant le trafic des sites, la consommation de ressources informatiques et la fiabilité des réponses.

• Certains utilisateurs cherchent à désactiver cette fonctionnalité ou à retrouver une présentation plus traditionnelle des résultats.

• Google propose néanmoins des solutions permettant d’effectuer une recherche plus classique, notamment avec le filtre « Web ».

• Pour de nombreux projets, Google IA peut permettre de gagner du temps dans la recherche et l’exploitation d’informations.

• Le dialogue avec l’intelligence artificielle facilite l’approfondissement d’un sujet et la reformulation des demandes.

• Les sites internet restent indispensables puisqu’ils fournissent une grande partie des contenus permettant aux moteurs et aux IA de construire leurs réponses.

• Les créateurs de contenu devront probablement adapter leur stratégie de référencement à cette nouvelle manière de rechercher et de consommer l’information.

• Une utilisation choisie de l’IA pourrait également éviter de mobiliser inutilement des ressources de calcul pour des recherches très simples.

• Cette évolution illustre une différence croissante entre un usage passif d’Internet et un usage davantage orienté vers la recherche, la création et la production.

10. Lien utile

Pour découvrir les fonctionnalités officielles de Google IA, les pays dans lesquels elles sont disponibles ainsi que les évolutions de cette technologie, il est recommandé de consulter la documentation officielle de Google consacrée au Mode IA et aux AI Overviews.

Cette documentation permet de suivre les nouveautés, de comprendre le fonctionnement des réponses générées par l’intelligence artificielle et de connaître les limites actuellement annoncées par Google.

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