Publié le 16 juin 2026.
Mis à jour le 20 juin 2026.
Lorsque l’on parle de traitement de texte, les noms qui viennent immédiatement à l’esprit sont souvent Microsoft Word, LibreOffice Writer ou encore OpenOffice Writer. Pourtant, l’univers de l’écriture numérique est bien plus vaste. Des logiciels légers aux traitements de texte historiques sous DOS, en passant par des machines spécialisées conçues pour écrire sans distraction, de nombreuses alternatives existent pour répondre à des besoins spécifiques.
Certaines séduisent les passionnés de rétro-informatique, d’autres les écrivains à la recherche d’un environnement épuré. À l’heure où les logiciels deviennent toujours plus complexes et les appareils toujours plus polyvalents, ces solutions rappellent qu’il existe parfois un intérêt à revenir à l’essentiel.
Résumé rapide
Au-delà de Word, LibreOffice et OpenOffice, il existe de nombreuses solutions alternatives pour écrire sur ordinateur. Certaines privilégient la légèreté et la compatibilité avec du matériel ancien, tandis que d’autres cherchent à créer un environnement d’écriture sans distraction.
Des logiciels comme AbiWord, Atlantis, WordStar ou WordPerfect DOS continuent d’intéresser certains utilisateurs. Parallèlement, des outils spécialisés comme Scrivener, les appareils Freewrite ou les projets WriterDeck répondent aux besoins d’auteurs recherchant une approche différente de l’écriture numérique.
L’intérêt pour les machines rétro comme l’Atari Portfolio ou les Psion montre également que la simplicité, la mobilité et la concentration restent des préoccupations présentes depuis les débuts de l’informatique personnelle.
Table des matières
1. Pourquoi chercher une alternative aux traitements de texte classiques ?

1.1. Des logiciels toujours plus complets
Les suites bureautiques modernes offrent :
• correction grammaticale ;
• collaboration en ligne ;
• intégration cloud ;
• modèles avancés ;
• fonctions de publication.
Ces fonctionnalités répondent à de nombreux besoins mais peuvent paraître excessives pour certains usages.
1.2. Le besoin de simplicité
De nombreux utilisateurs recherchent simplement :
• un environnement d’écriture ;
• une ouverture rapide ;
• une faible consommation de ressources ;
• une interface dépouillée.
Cette demande explique la persistance de logiciels plus légers.
2. Les traitements de texte modernes et légers
2.1. WordPad : une disparition remarquée
Pendant de nombreuses années, WordPad était livré avec Windows.
Situé entre le Bloc-notes et Microsoft Word, il permettait :
• la mise en forme basique ;
• l’impression ;
• l’ouverture de nombreux formats.
Sa disparition récente a laissé un vide pour certains utilisateurs recherchant une solution simple.
2.2. AbiWord
Parmi les alternatives les plus connues figure AbiWord.
Ses avantages :
• démarrage rapide ;
• faible empreinte mémoire ;
• compatibilité avec plusieurs formats ;
• interface relativement simple.
Il demeure une solution intéressante pour :
• les ordinateurs anciens ;
• les distributions Linux légères ;
• les utilisateurs recherchant l’essentiel.
2.3. Atlantis Nova et Atlantis Light
Atlantis propose une approche intermédiaire.
Le logiciel est plus complet qu’AbiWord tout en restant plus léger qu’une suite bureautique complète.
Il est particulièrement apprécié pour :
• l’écriture de romans ;
• la gestion de documents longs ;
• sa rapidité d’exécution.
3. Les traitements de texte historiques toujours utilisés
3.1. WordStar
WordStar occupe une place particulière dans l’histoire de l’informatique.
Le romancier George R. R. Martin a longtemps déclaré écrire ses ouvrages avec WordStar 4 sous DOS.
L’écrivain de science-fiction Robert J. Sawyer a également utilisé WordStar durant une grande partie de sa carrière.
WordStar offre :
• une interface entièrement clavier ;
• une vitesse remarquable ;
• une absence presque totale de distraction.
En 2024, une réédition de WordStar 7 a même été relancée avec l’implication de Robert J. Sawyer.
3.2. WordPerfect DOS
WordPerfect fut longtemps le roi du traitement de texte professionnel.
Certaines anciennes versions sous DOS restent recherchées aujourd’hui.
La raison principale est la fonction :
Reveal Codes
Elle permet d’afficher tous les codes de formatage du document.
L’utilisateur voit ainsi précisément :
• les changements de police ;
• les marges ;
• les tabulations ;
• les sauts de page.
Une fonctionnalité que certains utilisateurs regrettent encore dans les logiciels modernes.
3.3. DOSBox-X et la préservation logicielle
Grâce à des émulateurs comme DOSBox-X, il reste possible de faire fonctionner ces anciens logiciels sur des ordinateurs récents.
Cette possibilité contribue à préserver un patrimoine informatique parfois oublié.
4. Les logiciels modernes conçus pour les écrivains
4.1. L’exemple de Scrivener
Tous les auteurs n’ont pas besoin d’un simple traitement de texte.
Certains travaillent sur :
• des romans ;
• des essais ;
• des séries documentaires.
Scrivener a été conçu pour répondre à ces besoins.
Il permet notamment :
• l’organisation des chapitres ;
• la gestion des recherches ;
• la compilation vers différents formats.
4.2. Une philosophie différente
L’objectif n’est plus uniquement d’écrire du texte.
Il s’agit également de :
• structurer un projet ;
• gérer une documentation ;
• suivre l’avancement d’un manuscrit.
Pour les auteurs qui préfèrent rester sur des solutions gratuites et polyvalentes, LibreOffice demeure une alternative particulièrement intéressante. Avec quelques ajustements, il peut parfaitement convenir à la rédaction de romans, essais ou articles volumineux. Nous détaillons ces bonnes pratiques dans notre article « Comment optimiser LibreOffice pour écrire des articles longs ».
5. Les machines dédiées à l’écriture
5.1. Le phénomène des netbooks
Les netbooks ont connu un immense succès à la fin des années 2000.
Des modèles comme l’ASUS Eee PC 701 proposaient :
• un faible encombrement ;
• une autonomie correcte ;
• un clavier physique ;
• un prix réduit.
Ils étaient souvent utilisés pour :
• la prise de notes ;
• les déplacements ;
• l’écriture.
Leur marché a ensuite disparu sous la pression des tablettes et des ultrabooks.
5.2. Les Freewrite
Plus récemment, les appareils Freewrite ont tenté de réinventer la machine à écrire numérique.
5.2.1 Concept
Le concept repose sur :
• un clavier physique ;
• un écran à encre électronique ;
• un environnement fermé ;
• une synchronisation dans le cloud.
L’objectif est simple :
écrire sans distraction.
5.2.2. Une réception contrastée
Les critiques portent principalement sur :
• le prix élevé ;
• les fonctionnalités limitées ;
• la concurrence d’appareils moins coûteux.
Pour certains utilisateurs, il s’agit de gadgets.
Pour d’autres, ces appareils permettent réellement de mieux se concentrer.
6. Les WriterDeck et le mouvement DIY
6.1. Une approche artisanale
Face au coût des Freewrite, de nombreux passionnés ont développé leurs propres WriterDeck.
Le principe consiste à assembler :
• un clavier ;
• un écran ;
• un système minimaliste.
6.2. Raspberry Pi et recyclage informatique
Les projets DIY utilisent souvent :
• un Raspberry Pi ;
• un ancien ordinateur portable ;
• un écran LCD ou e-ink.
Cette approche permet :
• de réduire les coûts ;
• de recycler du matériel ;
• d’adapter l’équipement à ses besoins.
6.3. WriterDeck OS et Tilde
Des distributions spécialisées ont même été développées.
Certaines utilisent :
• WriterDeck OS ;
• l’éditeur Tilde ;
• des interfaces volontairement minimalistes.
L’objectif reste toujours le même :
écrire avant tout.
7. Les machines rétro pour écrire : une autre approche de l’écriture numérique
L’intérêt pour les outils minimalistes ne concerne pas uniquement les appareils récents comme les Freewrite ou les WriterDeck. Certains utilisateurs se tournent également vers des machines anciennes conçues à une époque où l’informatique portable devait avant tout rester compacte, autonome et efficace.
Ces ordinateurs, aujourd’hui considérés comme des objets de collection, peuvent encore répondre à certains besoins d’écriture grâce à leurs caractéristiques particulières :
• un clavier physique complet ;
• une grande autonomie ;
• une absence de distractions ;
• une conception centrée sur la saisie de texte.
7.1. L’Atari Portfolio : un ordinateur de poche précurseur
Sorti en 1989, l’Atari Portfolio fait partie des premiers ordinateurs portables réellement compacts.
Avec son écran monochrome, son clavier intégré et son système compatible avec certains logiciels DOS, il proposait déjà une approche proche de celle recherchée aujourd’hui par certains écrivains :
• écrire partout ;
• disposer d’un appareil léger ;
• se concentrer uniquement sur le contenu.
Ses capacités techniques étaient très limitées par rapport aux ordinateurs actuels, mais cette limitation constituait aussi une forme de simplicité. L’utilisateur ne pouvait pas être distrait par des dizaines d’applications ou de notifications.
7.2. Les Psion : des machines pensées pour la mobilité
La gamme Psion occupe une place particulière dans l’histoire des ordinateurs portables.
Les modèles de la série 3, lancée au début des années 1990, puis les séries 5 et 7, sont souvent considérés comme des références dans le domaine des assistants personnels.
Ils proposaient notamment :
• un clavier étonnamment confortable pour leur taille ;
• une excellente autonomie ;
• des logiciels intégrés efficaces ;
• un format très compact.
Le Psion Series 5 est particulièrement apprécié par certains passionnés pour son clavier et son environnement de travail, qui permettaient réellement de rédiger des textes longs en déplacement.
Le Psion Revo et le Psion Siena ont également conservé cette philosophie : proposer un appareil portable avant tout destiné à la prise de notes, à l’organisation personnelle et à la rédaction.
7.3. Du Psion aux WriterDeck : une continuité inattendue
Il existe une certaine continuité entre ces anciennes machines et les projets actuels de WriterDeck.
Dans les deux cas, l’objectif n’est pas de remplacer un ordinateur classique, mais de créer un environnement spécialisé :
• allumer rapidement l’appareil ;
• ouvrir un éditeur de texte ;
• écrire sans interruption.
Les différences technologiques sont importantes, mais la philosophie reste proche. Les Psion répondaient aux contraintes matérielles de leur époque, tandis que les WriterDeck cherchent volontairement à recréer une contrainte choisie dans un environnement numérique devenu trop riche.
7.4. Une pratique de niche, entre nostalgie et efficacité
L’utilisation de machines rétro pour écrire reste évidemment un phénomène minoritaire.
Certains utilisateurs y voient principalement :
• un intérêt historique ;
• une passion pour la rétro-informatique ;
• une expérience différente des outils modernes.
D’autres considèrent ces appareils comme de véritables outils de productivité. Leurs limites deviennent alors un avantage : moins de possibilités signifie moins de tentations et davantage de concentration.
Comme pour les logiciels anciens tels que WordStar ou WordPerfect, ces machines rappellent qu’un outil n’a pas besoin d’être puissant pour être efficace. Dans certains contextes, un équipement limité mais parfaitement adapté à une tâche précise peut répondre à un besoin que les appareils modernes, pourtant beaucoup plus performants, ne satisfont pas toujours.
8. Pourquoi ces solutions continuent d’exister ?
8.1. La recherche de concentration
Les distractions numériques sont omniprésentes :
• réseaux sociaux ;
• notifications ;
• messageries ;
• vidéos.
Les outils minimalistes cherchent à supprimer ces interruptions.
8.2. La nostalgie technologique
Certains utilisateurs apprécient également :
• l’esthétique rétro ;
• les interfaces anciennes ;
• les habitudes acquises depuis plusieurs décennies.
8.3. L’adéquation à un besoin précis
Un logiciel ou un appareil n’a pas besoin d’être universel pour être utile.
Une solution parfaitement adaptée à une tâche particulière peut parfois être plus efficace qu’un outil généraliste.
9. Équipements utiles pour l’écriture numérique
Certains accessoires peuvent améliorer le confort de travail :
• clavier mécanique (lien sponsorisé Amazon) pour une frappe plus agréable ;
• écran pour un projet WriterDeck DIY (lien sponsorisé Amazon) pour afficher simultanément notes et manuscrit ;
• Raspberry Pi (lien sponsorisé Amazon) pour créer un environnement d’écriture dédié en DIY.
10. Points à retenir
• Word, LibreOffice et OpenOffice ne sont pas les seules solutions d’écriture numérique.
• Des logiciels légers comme AbiWord ou Atlantis répondent à des besoins spécifiques.
• WordStar et WordPerfect DOS continuent d’être utilisés par certains passionnés.
• Certains écrivains ont choisi de conserver des outils anciens pour privilégier la simplicité.
• Scrivener propose une approche adaptée aux projets d’écriture longs et complexes.
• Les machines spécialisées comme les Freewrite cherchent à limiter les distractions.
• Les WriterDeck et les projets DIY recréent des environnements d’écriture minimalistes.
• Des machines rétro comme l’Atari Portfolio ou les Psion illustrent une autre histoire de l’écriture mobile.
• Les outils d’écriture minimalistes répondent à une demande réelle liée à la concentration et à la simplicité.
11. Matériel mentionné dans cet article
• ordinateurs anciens et netbooks ;
• ASUS Eee PC ;
• Raspberry Pi ;
• écrans à encre électronique ;
• claviers mécaniques ;
• WriterDeck ;
• Freewrite ;
• écrans pour un projet WriterDeck DIY ;
• Atari Portfolio ;
• Psion Series 3, Series 5, Series 7, Revo et Siena ;
• ordinateurs de poche rétro.
12. Lien utile
Pour découvrir l’histoire de WordStar, télécharger des versions historiques et comprendre pourquoi ce traitement de texte continue de fasciner certains écrivains, vous pouvez consulter le projet officiel relancé autour de WordStar 7 par son utilisateur de longue date, l’écrivain Robert J. Sawyer.
Cette ressource permet également de mieux comprendre l’évolution des logiciels d’écriture depuis les débuts de l’informatique personnelle.



