Accepter de ne pas être parfait

Si certaines personnes ont tendance à négliger la réalisation d’un travail à effectuer il existe aussi la tendance inverse. En effet d’autres personnes souhaitent atteindre la perfection. Si cette seconde situation semble plus intéressante que la première elle n’est pourtant pas, elle aussi, exempte de reproche selon le domaine en cause.

Vouloir atteindre la perfection constitue a priori un objectif on ne peut plus louable. Il vise alors à bien faire les choses, à ne rien oublier, à ne faire aucune erreur, à s’améliorer. Il semble alors manifestement déraisonnable de vouloir s’opposer à de telles considérations.

Pourtant selon une formule bien connue « l’enfer et pavé de bonnes intentions » (1) et c’est précisément le cas lorsqu’on désire atteindre la perfection dans un domaine professionnel ou lorsque des délais doivent être tenus car à bien y regarder des critiques et des réserves peuvent être émises.

En effet en souhaitant atteindre la perfection une personne risque de ne pas parvenir à remplir son objectif ou d’avoir du mal à tenir des délais. Cette personne va avoir tendance à multiplier les vérifications pour ne pas commettre des erreurs. Elle va aussi être incitée à procéder à des modifications incessantes pour toujours améliorer son travail. Elle ne va jamais être satisfaite de la tâche effectuée puisqu’elle va se dire qu’elle peut toujours améliorer celle-ci pour parvenir à un meilleur résultat.

La volonté d’atteindre la perfection (2) n’est donc pas nécessairement une bonne chose. Selon les domaines et les circonstances il est préférable de lutter contre elle en acceptant de ne pas atteindre la perfection. Pour cela il peut être opportun de se fixer une date limite pour terminer une action.

Note de bas de page :

(1) En 1604 saint François de Sales dans une lettre destinée à sainte Jeanne de Chantal attribue à saint Bernard de Clairvaux (XIIe siècle) l’expression suivante : « L’enfer est plein de bonnes volontés ou désirs ». Lorsque les rues commencèrent à être pavées au XVIIIe siècle, le mot « pavé » a été remplacé par le mot « plein », donnant ainsi à cette expression sa forme actuelle : « l’enfer est pavé de bonnes intentions ».

(2) Cette volonté cache peut être une excuse pour ne jamais terminer un travail à accomplir ou une peur de parvenir à la fin de celui-ci.